radicalement anti raciste !!!!!!!!!!

radicalement anti raciste !!!!!!!!!!
Stop aux discours démagos
Prenant ces enfants de salauds
Pour des victimes des temps de crise
Cessez donc cette analyse
Stratégies électoralistes
Contre lutte antifasciste
Qu'en est-il des crimes racistes
Des préjugés qui persistent?
Leurs idées n'ont guère de place
Détruisons cette menace
Classés comme des sauvageons
Bientôt nous les détruirons
Nous assumerons bien nos actes
Pour qu'éclatent enfin leurs pactes

Antifascistes nous sommes
Antifascistes radicaux
Pour la dignité des hommes
Et pour qu'ils soient tous égaux

Ces bâtards viennent de vichy
Nous parlent de " démocrachie "
Nous traitent même d'intolérants
Serions-nous si dérangeants?
Ne crois pas que la résistance
Se soit passée de la violence
Tous nos messages seront vains
Si nous on ne vire pas ces putains
Ils préparent des milices
Sous les regards trop complices
D'un pouvoir très complaisant
Qui les laisse faire à présent
Mais ne pleurez pas demain
Si tout passe dans leurs mains

Les patriotes parlent d'union
Du ciment de la nation
Le vote comme seul rempart
Ne crois pas tous ces connards
Pourvoyeurs d'assemblées
Arrêtez de nous accabler
Et regardez dans l'histoire
L'ascension des chemises noires
Qui au son de leurs parades
Ont brisé nos camarades
Toujours présent dans la rue
Je m'invite à leur insu
Nous lutterons sans merci
Pour ne plus être asservis
# Posté le mardi 13 juin 2006 06:38

parabellum !!! merci a vous pour les quelque soirée ct bien sympa !!!!!

parabellum !!! merci a vous pour les quelque soirée ct bien sympa !!!!!
Le groupe se forme en 1983, puis décide de se séparer le 16 juin 1991 après sa tournée canadienne. Revenu en 1998 sur scène, il compose ensuite deux nouveaux albums. En 2005, il effectue une tournée nationale, en passant fin juillet à Montréal.

La reprise de la la chanson Cayenne, grand chant révolutionnaire du début du XXe siècle ainsi que Amsterdam de Brel (modifiée en chant anti-drogue) est un de leurs grands faits d'armes. De plus on peut également citer Welcome to Paradise qui dénonce l'hypocrisie de l'Eglise catholique sur un fond de Blues Brothers et Osmose 99 qui décrit un futur bien trop sombre pour être honnête.

Le nom du groupe provient de la citation latine Si Vis Pacem Para Bellum (qui veut la paix prépare la guerre), ainsi que le type d'arme du même nom.
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# Posté le dimanche 11 juin 2006 13:58

la souris déglinguée

la souris déglinguée
Parce que les jeunes cons n'ont rien dans le crâne
Et qu'les jeunes cons ont tout dans le coeur
Il faudrait pas qu'tu crois qu't'es supérieur à eux
Car toi tu es tout seul et eux ils sont nombreux

Les jeunes cons sont amoureux
Ils ken les filles comme eux
Ils ont le coeur qui bat toujours encore plus fort
Toujours encore plus vite, plus vite que la mort

C'est vrai qu'ils meurent jeunes et cons
Toujours dans les accidents
Mais je ne crois pas qu'c'est d'leur faute
S'ils servent de chair à canon

Les jeunes cons sont aussi
Les jeunes cons vos enfants
Ils ont dans leur sang
L'alcool de leurs parents

Alors soyez cléments !

C'est vrai qu'ils meurent jeunes et cons
Toujours dans les accidents
Mais je ne crois pas qu'c'est d'leur faute
S'ils servent de chair à canon

C'est vrai qu'ils meurent jeunes et cons
Toujours dans les accidents
Mais je ne crois pas qu'c'est d'leur faute
S'ils servent de chair à canon

Les jeunes cons sont aussi
Les jeunes cons vos enfants
Ils ont dans leur sang
L'alcool de leurs parents

Alors soyez cléments !
# Posté le dimanche 11 juin 2006 13:44

original ska trojans

original ska trojans
1960 : Les premiers pas du ska
Aux États-Unis, les Noirs obtiennent le droit de vote en 1960, ce qui n'empêche pas aux tensions de s'intensifier car ce droit n'est pas partout respecté

Au fil du temps, la syncope du boogie basé sur le contretemps s'accentue au point de devenir le temps fort du rythme. Le ska se dégage peu à peu des différents styles, caractérisé par ce rythme syncopé marqué par un temps fort sur les deuxième et quatrième mesures. Le jeu de guitare correspond au contretemps du R&B et au piano du boogie. Les cuivres sont ajoutés pour les solos de jazz, ainsi qu'une contrebasse très en avant, comme pour le merengue, le calypso et le mento. Souvent, les morceaux joués sont instrumentaux, frénétiques et soutenus. En 1960, le ska se distingue et devient un genre à part entière. Aussi, certains affirment que le mot « ska » est né du son que produit la façon sèche de plaquer des accords sur la guitare.

Prince Buster, décidant de se démarquer des sounds spécialisés dans le R&B, préfère accentuer l'identité purement jamaïcaine de sa musique, tout comme Coxsone. En 1961, les succès, les soundsystemss et les producteurs se multiplient, beaucoup se délocalisent au Royaume-Uni. Une année plus tard, Chris Blackwell a l'idée d'y distribuer des disques, où les émigrés peuvent se permettre d'en acheter.

1962 est aussi l'année de l'indépendance de la Jamaïque liée jusqu'à présent au Royaume-Uni.

C'est l'indépendance non seulement territoriale, mais aussi musicale, car le ska incarne maintenant l'identité de la nouvelle nation qui ne cesse de danser au rythme des cuivres, l'espoir et l'optimisme sont retrouvés. Coxsone construit un studio d'enregistrement indépendant qui deviendra le mythique Studio One. De 1962 à 1967, la marque britannique Blue Beat d'Emile Shalett publie 600 45 tours produits en Jamaïque par Prince Buster : le ska sera souvent associé, au Royaume-Uni, au nom « blue beat », qui désigne donc une marque et non pas cette musique. Les disques sont le plus souvent pressés dans les usines américaines « Federal Records ».

En 1964, c'est l'explosion avec le premier hit international « My Boy Lolipop » de Millie sur le label Island de Blackwell. Tournant décisif aussi, la formation des Skatalites ; s'ensuivront des dizaines de reprises des vieilles chansons R&B version ska. La machine ska est désormais lancée et dévaste tout sur son passage. Les rude boys, jeunes voyous jamaïcains des ghettos tombés dans la délinquance et semant la terreur, adoptent un nouveau look caractéristique : treillis militaires, pantalons pattes d'éph, t-shirts décolorés, badges, cheveux longs... En 1965, Duke Reid monte son studio d'enregistrement ; Martin Luther King, pasteur pacifiste, est accueilli à Kingston en grande pompe, ce qui redonne espoir aux habitants, mais n'empêche pas la misère et la violence de s'accroître. Les musiciens appellent souvent, dans leurs lyrics, les rude boys à se calmer et à s'assagir en arrêtant de semer la terreur à tous les coins de rue. La musique devient le seul moyen de se sortir du ghetto. Cette violence et cette hargne se ressentent dans le rythme de plus en plus frénétique du ska, qui redevient soudainement très lent, annonçant ainsi les prémices du rocksteady. On raconte que le rythme s'est mis à ralentir à cause des vagues de chaleur de l'été 1964, les musiciens ne pouvant plus soutenir le rythme effréné que réclamaient les danseurs.
# Posté le dimanche 11 juin 2006 08:01

SKINHEAD ATTITUDE !!!!!! ska and oi !!! oi and ska !!!!

SKINHEAD ATTITUDE !!!!!! ska and oi !!! oi and ska !!!!
Des Mods aux Skinheads

Skinheads anglais dans les années 60Les Skinheads sont issus de la vague modernist : après 1967 beaucoup de Mods virent vers le flower power et le psychédélisme. Certains préservent le style originel et radicalisent leur look : ce sont les hard mods, ou encore heavy mods. Ils portent le costume cintré et le chapeau pork-pie pour danser, mais des vêtements de sport ou de travail pour traîner dans la rue (polo Fred Perry, chaussures Doc Martens noires et bien cirées...). Ils prennent le contre-pied de la mode branchée de l'époque (telle que la vague psychédélique ou le mouvement hippie), rejettent le conformisme et affichent fièrement leurs origines ouvrières (working class). Ces hard mods se crispent sur l'identité modernist de la période 1962-1966 : musique noire américaine, luxe italien (Dolce Vita), style urbain et moderne, scooters Vespa ou Lambretta...

Comme ils vivent dans les même banlieues et quartiers ouvriers, les hard mods fréquentent les rude boys, ou rudies, jeunes immigrés antillais, surtout jamaïcains, dont le look est proche et avec qui ils partagent le goût pour la musique noire américaine (soul, rythm'n'blues) et jamaïcaine (ska et rocksteady). Vers 1968 les hard mods et les rudies se confondent pour devenir les skinheads. Certains prétendent qu'ils se sont tondus les cheveux pour se distinguer des hippies. Ou parce que nombre d'entre eux travaillaient dans les usines, avoir les cheveux courts était la norme pour éviter les incidents au contact des machines. Plus sûrement c'est une manière d'échapper à la police montée lors des émeutes. Le look skinhead se standardise : cheveux courts (tondus ou coupés courts, mais rarement rasés à blanc à cette époque), favoris, polo style Fred Perry, chemise style Ben Sherman ou encore Levis Sta Prest, bretelles, blue jean style Levis 501 coupé court (rejet des pattes d'éléphant), chaussures Doc Martens, rangers ou baskets, blouson style bomber, harrington ou encore donkey jacket (manteau de docker), écharpe de son club de football préféré... Notons que le blouson harrington, porté par les mods, puis les skinheads et enfin les punks, n'est pas une marque mais un type de veste légère en toile de coton unie doublée de tissus à carreaux écossais. Le nom vient du héros de la série télévisée américaine "Peyton Place", très populaire au début des années 1960, Mr Harrington, qui portait ce vêtement. Le look skinhead est donc un mélange de sportswear, de vêtements de travail et de surplus militaires. Mais le costume cintré, héritage modernist, est encore porté pour danser ou frimer en soirée. Ces adolescents et ces jeunes adultes s'approprient, comme ceux d'aujourd'hui, certaines marques devenant emblématiques : Fred Perry, Lonsdale, Ben Sherman, Everlast, ou encore Adidas...

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1969, les Skinheads popularisent le reggae
En 1969, un véritable raz-de-marée skinhead envahit le Royaume Uni. Cette contre-culture devient soudain très à la mode et unit les jeunes des quartiers ouvriers, tant blancs que noirs. Les skinheads écoutent de la soul, du rythm'n'blues (de chez Stax ou Motown), du mod's beat (soul-rock britannique des Who et autres Kinks ou Small Faces), mais surtout du ska, du rocksteady et du reggae avec des artistes noirs venus des Caraïbes tels Simaryp, Laurel Aitken, Desmond Dekker et même les Skatalites, les Upsetters, Jimmy Cliff ou Bob Marley, les Wailers... Le reggae et le rocksteady, bien plus que le ska, apparaîssent comme le son skinhead par excellence. Pour les puristes on parle alors de skinhead reggae, de reggae one drop ou encore d'early reggae. Dans la tradition modernist, les skinheads aiment danser. Ils rivalisent de pas de danse compliqués pour frimer lors des discoes, l'équivalent des boums françaises. Les chansons parlent de leur vie quotidienne : émeutes, condition ouvrière, dificultés de tous les jours, contestation sociale, mais aussi sexe, danse et football. Les principales maisons de disques éditrices de ska et de skinhead reggae sont Trojan Records et Pama Records. Le logo Trojan (un casque de guerrier troyen) a été repris par la suite pour désigner les skinheads originels (spirit of 69). Les filles sont appelées skinhead girls plutôt que birds ou birdies (terme péjoratif équivalent du français "pouffe").

Ces gangs de jeunes ont parfois un comportement violent et les hooligans adoptent vite le style skinhead. Certains avancent que les skinheads sont issu du hooliganisme. C'est à la fois vrai et faux : les jeunes britanniques des classes moyennes et populaires se comportent souvent en hooligans dans les stades de football, mais le hooliganisme est plus ancien que le style skinhead (début du XX° siècle) et les codes vestimentaires des hooligans varient beaucoup avec les modes (la plupart de hooligans actuels n'ont absolument pas le look skinhead). L'abus d'alcool et de drogues diverses (surtout les amphétamines, pour pouvoir danser toute la nuit, le LSD est plutôt une mode de hippies) n'arrangent rien à l'image des skinheads. La presse tabloid peut dès lors stigmatiser les skinheads, comme elle l'avait fait auparavant pour les mods ou les rockers. C'est la nouvelle menace.


L'Union JackL'usage fréquent des couleurs nationales ou du drapeau (Union Jack pour l'ensemble des Britanniques ou Saint Georges Cross pour les Anglais) par les skinheads de cette époque est abusivement interprêté comme un glissement vers le nationalisme. En fait les jeunes Britanniques font souvent preuve d'un patriotisme cocardier tel qu'on peut le rencontrer dans les tribunes des stades de football. Il n'est généralement fondé sur aucun nationalisme au sens strict. Les mods auparavant arboraient les couleurs nationales et les punks par la suite feront de même. Notons aussi que les Britanniques pavoisent beaucoup plus fréquemment que les Français. Cette fierté d'appartenir à la nation britannique est même un élément unificateur pour les jeunes Britanniques blancs et les Antillais noirs venus de la Jamaïque ou de Sainte-Lucie (états du Commonwealth, dont les habitants sont assimilés aux Britanniques puisque sujets de la même reine).

Mais il est vrai que les skinheads de cette époque font preuve de méfiance à l'encontre, non pas des noirs, mais des jeunes Indiens et Pakistanais, dont le style vestimentaire et les goûts musicaux les rapprochent des hippies. Certains organisent de véritable ratonnades à leur encontre : le paki bashing. Ceux-ci réagissent et fondent des gangs de skinhead scalpers. Cette opposition entre skinheads noirs et blancs d'une part et jeunes indo-pakistanais de l'autre n'a cependant jamais été une généralité lors de la première vague skinhead. C'est plutôt une réalité circonscrite à certains quartiers de Londres. Les archives montrent d'ailleurs de nombreux skinheads au type asiatique.

Cette première vague skinhead est donc avant-tout une mode, un style musical et vestimentaire largement méconnu hors du Royaume-Uni. Pour la plupart des journalistes les skinheads ne sont qu'une nouvelle sorte de voyous incontrôlables (à l'époque la France a ses blousons noirs). Le mouvement n'est peu ou pas politisé. Si John Lennon adopte quelques mois un look skinhead, c'est parce qu'il se sent proche de cette jeunesse ouvrière tumultueuse et rebelle.

Vers 1971 la vague skinhead s'essoufle. De nouvelles modes apparaissent : le style glam rock pour les jeunes blancs et les rastafarisme pour les noirs. Les skinheads authentiques, qui rejettent le racisme et la violence gratuite, adoptent le style suedehead (crâne de velour): le look devient plus recherché, à la manière des mods, les cheveux repoussent.

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1979, les Skinheads réapparaissent puis se politisent

Une paire de docs. On apercoit la couture jaune distinctive autour de la semelle.Après 1971 l'esprit skinhead ne disparaît pas pour autant et survit à travers les suedeheads puis les smoothies (ces-derniers portent les cheveux assez longs). Les deux adoptent le style bootboy lorsqu'ils descendent dans la rue : blue jean retroussé, Doc Marten's montantes, bretelles... C'est le style vestimentaire arboré dans le film de Stanley Kubrick "Orange mécanique". L'½uvre est violente mais le message est plus subtil qu'il n'y paraît : une critique des théories comportementalistes et une caricature des aspects les plus ridicules des sociétés modernes.

Les mods eux-aussi sont has been mais restent nombreux, en particulier dans le nord de l'Angleterre où ils sont à l'origine d'un style musical particulier, influencé par la musique noire américaine, le northern soul.

Les codes musicaux changent et chez les bootboys le reggae, le rocksteady et le ska sont vite supplantés par le glam rock (cf David Bowwie ou The New York Dolls), le pub rock (cf Elvis Costello) puis le punk rock (genre musical inventé aux États-Unis par les Stooges, les New York Dolls, encore eux, et les Ramones vers 1973-1975). Nombre des premiers punks britanniques (fin 1976-début 1977) ont le style bootboy, à commencer par les Clash (par ailleurs fans de reggae et de pub rock).

Profitant de l'explosion médiatique punk en 1977, les skinheads et même les mods réapparaissent et se mêlent au punks. Ils sont alors peu nombreux, noyés dans la masse punk. Le film Quadrophenia (1979) et le groupe The Jam participent à la relance du courant modernist. Après 1979 cependant, le punk-rock n'a plus la faveur des médias et les punks se radicalisent : ils deviennent not dead (de l'expression « punk's not dead »), ou adoptent le style des skinheads. Dès lors le mouvement skinhead connaît une nouvelle heure de médiatisation.

Ces nouveaux skinheads écoutent ou jouent du street punk et de la oi !, c'est-à-dire des formes violentes et radicales de punk-rock.Oi!, en argot cockney, est la contraction de l'apostrophe : Hey you! On entend Oï! pour la première fois sur un morceau des Clash en 1977 (Career opportunities). Les groupes précurseurs sont Menace, Angelic Upstart ou Sham 69, puis viennent Cockney Rejects, Business, Cocksparrers, The 4 Skins, Last Resort, The Oppressed, Blitz...

Cette époque connaît aussi un revival rocksteady, ska et skinhead reggae qui contribue à populariser le style skinhead avec des groupes comme Madness, The Specials, Bad Manners ou The Selecter de chez 2Tone Records. Ces musiciens adoptent un style vestimentaire plutôt modernist, mais le public est largement skinhead. De nombreux artistes jamaïcains tombés dans l'oubli refont surface (par exemple le chanteur Laurel Aitken, godfather of ska music). Le ska, énergisé par les influences punk-rock, remporte les faveurs du public skinhead de l'époque.

Mais en 1979, contrairement à 1969, la très grande majorité des skinheads sont blancs. C'est aussi de cette époque que date l'habitude de se raser les cheveux à blanc et la musique Oï de cette époque est qualifiée de closed shave (rasée de près). Le slogan ACAB (all the cops are bastards, "tous les flics sont des bâtards") fait son apparition. Dès 1979 la mode skinhead dépasse le Royaume-Uni et touche l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest (en France la première compilation skin-punk Chaos sort en 1982). C'est une contre-culture particulièrement vivace dans les années 1980, même si elle ne draîne pas la masse des jeunes. En France, Camera silens ou La Souris Déglinguée draînent un public skinhead. Il en va de même pour les Skarfaces, légende vivante du ska en France. À New York les inventeurs de la musique punk hardcore sont généralement des skinheads (Agnostic Front, Madball, MOD...), et revendiquent encore aujourd'hui leur appartenance au mouvement. Ces skinheads évoluent dans une mouvance plus large : le punk-rock, le hard-core ou encore le rock alternatif.

A la fin des années 1970 l'extrême droite britannique (British National Party et National Front) s'implante parmi les jeunes punks et skinheads blancs issus généralement des classes sociales les plus défavorisées et en situation de marginalisation. Les provocations de quelques punks, comme Sid Vicious qui arborait souvent un t-shirt à croix gammée, ont fait penser à certains que les vrais rebelles étaient les nazis. Ian Stuart, chanteur du groupe punk Skrewdriver, est un exemple typique de cette dérive. Skrewdriver était un groupe street punk apolitique (comme l'immense majorité des groupes punks à cette époque), mais particulièrement provocateur, né en 1977. Il est l'auteur du tube Antisocial. Après un split de courte durée Ian Stuart reconstitue le groupe en 1979, mais sous une forme politisée ouvertement néonazie, puis il crée Blood and Honour au début des années 80. C'est un mouvement nationaliste, raciste et en particulier antisémite. Ian Stuart ne cache pas sa fascination pour Hitler et ne tarde pas à apporter son soutien aux associations néonazies, aussi bien au Royaume Uni qu'en Allemagne. Il est suivi par une partie des skinheads qui adoptent un comportement de plus en plus violent et basculent vers l'extrême-droite. Beaucoup sont des hooligans fascinés par la violence sous toutes ses formes. Ils hurlent Sieg Heil! ou Heil Hitler dans les concerts et déclenchent de fréquentes rixes avec les autres skinheads ou les punks, sans parler des agressions envers les noirs ou les immigrés. Certains skinheads ont pu se rapprocher de l'extrême-droite pour prendre le contrepied des punks de la période 1979-1982 : rejet de la saleté, du look "destroy" mal rasé, de la clochardisation, de l'anarchisme braillard, des drogues dures... respect des valeurs familiales, du travail, de la patrie, allure physique et vestimentaire saine et propre... C'est à dire le rejet de la marginalisation et l'attachement à des valeurs à la fois populaires et conservatrices. Idéologiquement ces premiers skinheads nationalistes ratissent très large : rescapés du nazisme britannique des années trente qui servent de mentors, antisémites de tout poil, xénophobes échaudés par l'immigration, anticommunistes qui dénoncent les états soviétiques, hooligans violentissimes, punks et skinheads dépourvus de repères idéologiques qui aiment provoquer en arborant des insignes nazis (alors que leurs parents ont souvent combattu contre les nazis en 1939-45)...

Éc½urés par cette récupération de leur contre-culture et fidèles à leurs racines jamaïcaines, les skinheads antiracistes se regroupent au sein des SHARP (SkinHeads Against Racial Prejudice, mouvement fondé à New York en 1980). La figure emblématique du mouvement SHARP est Roddy Moreno, leader du groupe The Oppressed et importateur du SHARP au Royaume-Uni. The Oppressed chantent Work together (clin d'½il marxiste, prolétaires de tous pays, unissez-vous!). Les Sham 69 adaptent le chant révolutionnaire chilien El pueblo unido jamas sera vencido en If the kids are united they will never be defeated. Ces groupes réaffirment leur fierté d'appartenir à la classe ouvrière et de partager ses valeurs : fraternité, solidarité, luttes sociales... A la même époque les Dead Kennedys (groupe punk californien) dénoncent la dérive des skinheads nazis dans le morceau Nazi punks. Fuck off!. Beaucoup de skinheads sharp sont engagés au sein du Socialist Workers Party, organisation marxiste révolutionnaire qui organise de grandes grèves à partir de 1980 en réaction à la politique du gouvernement Thatcher, perçue comme très capitaliste. Les skinheads sharp sont appelés reds (rouges) par les nationalistes qui les accusent de vouloir faire basculer l'Occident dans la sphère soviétique (en fait la plupart des skinheads sharp se désignent comme travaillistes ou syndicalistes, rarement comme communistes). Les skinheads sharp considèrent les nationalistes et les néonazis comme de faux skinheads et les appellent boneheads (crânes d'os).

Dès le début des années 1980 la scène skinhead se divise. La presse focalise sur les néonazis, à tel point que l'opinion publique retient surtout cette simpliste équation : skinhead = brute néonazie. Il faut dire que dans de nombreuses régions du monde, comme l'Europe de l'Est, le style skinhead n'apparaît guère que sous sa forme d'extrême-droite. Mais les médias portent une lourde part de responsabilité dans la diabolisation du mouvement skinhead, préférant montrer des skinheads néonazis plutôt que des skinheads fans de reggae. La peur fait vendre du papier à sensations.

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Les Skinheads aujourd'hui

Skinheads lors d'un concertAujourd'hui la mouvance skinhead est profondément divisée et hétéroclite. Les skinheads sont en fait à l'image de la société : leur sensibilité politique va de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par la gauche et la droite classique. Certains sont démocrates, alors que d'autres sont attirés par des discours qui prônent soit la dictature du prolétariat de type marxiste-léniniste soit une dictature de type fasciste. Certains sont radicalement racistes, alors que d'autres rejètent en bloc tout type de racisme (ethnique, mais aussi religieux et social). Certains sont athées ou agnostiques, alors que d'autres sont croyants (chrétiens, païens, bouddhistes).

Malgré cette diversité, il y des points communs qui les rassemblent (presque) tous : ils sont généralement issus des classes sociales modestes ou moyennes, et sont fiers de leurs origines sociales. Ils méprisent avec vitalité la police, les bourgeois et les hippies. Ils soutiennent généralement l'équipe de football de leur ville et optionnellement leur équipe nationale. Leur goût pour la provocation et la bagarre les rassemble aussi. De même, ils adorent se déhancher sur les pistes de danse lors de soirées 60's au son des musiques mod, soul ou jamaïcaines, ou pogoter lors de concerts streetpunk, Oi! ou bien hardcore. Enfin, les skinheads sont également très actifs dans la rédaction et la diffusion de fanzines dédiés à la musique, au football et à d'autres cultures (comme le tatouage par exemple).

Aujourd'hui, le monde skinhead se divise en 2 tendances : les skinheads non-politisés et les skinheads politisés.

Les skinheads non-politisés :
Ils sont présents partout en Europe, aux Amériques, en Australie, en Asie... En fait, ils sont présents partout dans le monde où il y a une scène skinhead. Ils constituent très vraisemblement la majorité silencieuse du monde skinhead. Ces derniers refusent toute récupération politique et rejètent toute aliénation à une idéologie politique ou syndicale. Toutefois, cela ne signifie pas que ces skinheads sont dépourvus de conscience politique. Bien au contraire. En réalité, ces derniers n'ont tout simplement pas envie de mélanger musique et culture skinhead avec politique. Pour eux, la politique est un poison et la scène skinhead doit revenir à ses racines des années 60, à savoir redevenir aussi apolitique que les scènes mod, psycho, scooterist ou rocker. Souvent patriotes, les skinheads non-politisés ne sont pas pour autant unis. Ceci s'explique par des sensibilités politiques hétéroclites et surtout par une culture des bandes inhérente au milieu skinhead.


Logo SHARPLes skinheads apolitiques ne sont pas racistes. Certains d'entre eux, las de voir leur culture taxée de raciste par les médias, se sont fédérés autour du SHARP (Skinheads Against Racial Prejudice). Ce mouvement est apparu à New York vers 1980 puis a été importé en Europe par les membres du groupe britannique The Oppressed. Le SHARP se veut libre de toute affiliation à un parti ou un syndicat. Il s'agit de réaffirmer le lien étroit entre la culture skinhead et la classe ouvrière (working class) et de combattre le racisme et particulièrement l'idéologie néo-nazie. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, là où le SHARP est le mieux implanté, les skinheads SHARP s'affichent souvent comme patriotes. Toutefois certains skinheads non-politisés méprisent le SHARP en raison de sa récupération par des groupes d'extrème-gauche. De même, les redskins et rasheux reprochent à certains apos d'être trop en conivence avec des skinheads d'extrême droite.

Chez les skinheads non-politisés, il existe les Trojan skinheads ou skinheads traditionnels : perpétuateurs de l'esprit de 1969, fans de reggae, de soul, de rocksteady et de ska, ils circulent souvent en scooter comme les mods, ils ne mêlent guère musique et politique. Ces derniers affichent un antiracisme sincère et revendiquent leur appartenance à la working class. Ils sont, au sens historique, les fidèles continuateurs de la première vague skinhead.

Parmi les groupes de musique skinhead non-politisés, on peut citer The Last Resort, 4-Skins, Cock Sparrer, Warzone ou encore The Business.

Les skinheads politisés
Les skinheads politisés sont avant tout des militants politiques, syndicaux et/ou associatifs qui partagent soit une idéologie d'extrême gauche soit une idéologie d'extrême-droite. Leur volonté est de faire passer un message politique radical à travers leurs concerts ou à travers leurs différents fanzines et actions. Leur militantisme politique est souvent quasi-religieux. Les skinheads d'extrême gauche et d'extrême droite partagent - souvent pour des raisons différentes - des idées communes: la nécessité d'une révolution pour renverser le système existant, l'anticapitalisme, l'antimondialisme, l'anti-impérialisme américain, l'anti-fascisme/anti-communisme. Mais le racisme des skinheads White Power d'extrême droite et l'antiracisme radical des skinheads d'extrême gauche les opposent violemment.

Parmi les groupuscules d'extrême gauche, on trouve :

- Les Redskins. À l'origine, ce ne sont pas des skinheads, mais des fans d'un groupe de soul britannique des années 1970, The Redskins (dont plusieurs membres appartenaient au Socialist Workers Party, et qui avait un discours révolutionnaire sur fond de soul-rythm'n'blues mâtiné de punk-rock). Les premiers redskins affichaient un look plutôt punk ou alternatif. Certains se sont ensuite rapproché du style skinhead en conservant quelques particularismes : bomber retourné côté doublure orange, lacets rouges, insignes communistes divers... Mais tous les redskins ne se considèrent pas pour autant skinheads. Certains redskins, en plus d'être internationalistes, sont également nationalistes, mais pas au sens du nationalisme xénophobe d'extrême droite. Leur nationalisme est un combat pour l'indépendance et la souveraineté de leur région, et pour la préservation de leur culture et de leur langue. En Catalogne, au Pays Basque ou encore en Bretagne, beaucoup de skinheads communistes sont nationalistes. Mais souvent ces derniers préfèrent le terme "régionaliste" ou "indépendantiste" à celui de "nationaliste" trop connoté négativement et à droite.


Logo du RASH- RASH : Red and Anarchist Skinheads. Le RASH, surtout européen, regroupe depuis les années 1990 d'anciens redskins de la première vague et de nouveaux skinheads engagés à l'extrême-gauche. Ses membres considèrent leur appartenance au mouvement skinhead comme un complément de leur engagement militant, le skinhead devenant une forme d'idéal ouvriériste. La plupart des skinheads RASH gravitent autour de : l'Union Anarchiste, la Fédération Anarchiste, the Anarchist Black Cross, l'Union Communiste libertaire, la CNT (syndicat anarchiste), voire la Ligue Communiste Révolutionnaire et des groupuscules guévaristes... Le RASH est un mouvement de tendance anarcho-communiste qui ne s'adresse pas qu'aux seuls skinheads. Dans ses concerts, il ratisse large : outre la présence de redskins et de skinheads anarchistes, il y a beaucoup de punks, de jeunes issus des différents milieux alternatifs et quelques hippies tous plus ou moins acquis à la cause anarchiste. Ce mouvement revendique un antiracisme et un antifascisme radical. Cependant la très grande majorité des skinheads apolitiques les renvoient dos à dos avec les néonazis à cause de leurs comportements fascisants.

Parmi la scène skinhead d'extrême gauche, on peut citer le groupe régionaliste catalan Opcio K-95 ou encore le groupe anarcho-communiste français Brigada Flores Magon.

À l'extrême droite, on trouve :

- Les skinheads nationalistes : ces derniers sont proche des partis d'extrême droite traditionnelle, comme le Front National en France. Ces skinheads ne sont ni néonazis ni suprêmacistes. Ils sont en fait identitaires, radicalement anti-gauchistes et souvent homophobes. Nombre d'entre eux sont proches de certains milieux royalistes ou de mouvements chrétiens fondamentalistes. Leur antigauchisme exacerbé les amènent à cotoyer occasionnellement les Boneheads lors de concerts ou lors de manifestations politiques. Ils sont particulièrement virulents à l'égard de l'Islam et des populations maghrébines.


Skinhead neo-nazi- Les skinheads white power : ouvertement néonazis, suprêmacistes et ségrégationnistes. On parle aussi de Boneheads ou de naziskins. Ils sont très actifs (mais assez discrets en France, à part en Alsace) et regroupés dans diverses organisations telles Blood and Honour, Hammerskins ou Combat 18 (groupe terroriste clandestin). Les skinheads sont très visibles en Scandinavie, en ex-Allemagne de l'est, dans certaines régions des États-Unis (où ils sont organisés en réseau avec d'autres organisations d'extrême-droite comme le Ku Klux Klan), ainsi qu'en Europe de l'est, notamment en Pologne, Serbie et surtout en Russie, pays qui compte le plus grand nombre de skinheads néonazis (où ils défraient souvent la chronique de part leurs nombreuses agressions contre des étrangers, ayant parfois entraîné la mort). Le look se distingue un peu du look skinhead originel : il est franchement paramilitaire, les cheveux sont généralement rasés à blanc. Les insignes sont la croix gammée, les écussons de la LVF ou de la division Das Reich, la croix celtique, les galons de la Wehrmacht ou de la SS... La symbolique germanique, viking ou celte est souvent utilisée par les bonheads qui marquent ainsi leur rejet des valeurs judéo-chrétiennes et prônent un retour au paganisme indo-européen. Les skinheads se reconnaissent grâce au sigle NS (national-socialiste, c'est-à-dire nazi), généralement accolé au nombre 88 (pour HH, huitième lettre de l'alphabet et initiales de "Heil Hitler"). Les skinheads se réclament aussi de la classe ouvrière. Dans les années 80 beaucoup d'entre-eux se considéraient comme les fils spirituels des SA (Sections d'assaut, brigades de militants nazis des années 1930 en Allemagne). Ces SA tenaient un discours à la fois nationaliste, raciste mais aussi social et étaient issus du monde ouvrier et de la petite bourgeoisie. Ils réclamaient des mesures sociales avancées et la constitution d'une armée populaire. Leurs chefs furent exécutés par les SS aux ordres d'Hitler lors de la "nuit des longs couteaux" en 1933. Hitler montrait ainsi son refus de toute opposition interne au sein de son parti.

Parmi les groupes de skinheads néonazis, on peut citer : Les allemands Landser, les australiens Fortress, les polonais Konkwista 88, les américains Bound For Glory ou encore les suédois Pluton Svea. La plupart de ces groupes incorporent des influences metal à leur musique qui reste quand même à base de oi!. Il existe, depuis quelques années, un raprochement entre les skinheads white power et les milieux black metal païens qui se reclament souvent du national-socialisme, créant un style hybride qui commence à prendre une certaine ampleur, notamment en Europe de l'Est et aux USA.

Enfin, de manière plus anecdotique, il existe d'autres identités skinheads.

- Skinheads chrétiens: Il ne faut pas les confondre avec les skinheads nationalistes identitaires. Leur positionnement est ouvertement antiraciste et antinazi. Très présents en Amérique du Nord (Canada et USA) où la scène punk-rock chrétienne est gigantesque, les skinheads chrétiens font de plus en plus parler d'eux en Europe. Ces derniers sont beaucoup plus présents dans le milieu hardcore et straight edge que dans le milieu Oi! ou Street Punk. Parmi, les groupes skins chrétiens, on peut citer le groupe de ska/rocksteady américain The Israelites, le groupe de punk hardcore américain The Deal ou encore le groupe de oi! allemand Suspekt.

- Les Gayskins : skinhead homosexuel. Le skinhead est devenu un thème classique de la pornographie homosexuelle masculine. C'est un avatar du working class boy, et le look skinhead est arboré ostensiblement par certains gays, parfois de manière caricaturale (cheveux rasés à blanc, lacets blancs, attitude martiale, vêtements paramilitaires...). Mais il existe aussi un groupuscule gay néonazi fondé par un roadie de Skrewdriver : les Gay Aryan Skinheads, qui se réfèrent aux SA (et aux m½urs grecques de certains d'entre eux). Mais ces skinheads homosexuels nazis pratiquent beaucoup moins l'art du second degré que les autres skins gays.


Conclusion
Il faut retenir que les premiers skinheads sont apparus à la fin des années 1960 et qu'ils n'étaient en aucun cas politisés et racistes. Leur point commun était leur origine sociale modeste, leur amour de la musique et leur goût pour la bagarre. C'est avec l'apparition du punk-rock en 1977 et le chômage qui frappe de plein fouet l'Europe à la fin des années 1970, qu' une partie des skinheads sont séduits par les textes néonazis de la seconde formation du groupe britannique Skrewdriver. La rupture est née.

Aujourd'hui, chaque courant skinhead évolue à part et se crée sa propre identité culturelle.
# Posté le dimanche 11 juin 2006 07:51